16 juin 2006
Le thon rouge disparaît de Méditerranée
Paris, France — 12/06/2006 - Greenpeace lance un cri d'alarme sur le risque d'effondrement du stock méditerranéen de thon rouge et demande à la commission d'experts de l'ICCAT de préconiser des recommandations fermes en faveur de la restauration de ce stock. Depuis le 25 mai, l'Esperanza, un des bateaux de Greenpeace, sillonne la Méditerranée afin de documenter la pêcherie du thon rouge. Le bateau de l'association croise actuellement au large des côtes égyptiennes en compagnie de quelques-uns des thoniers senneurs les plus modernes et les plus puissants de la flottille méditerranéenne.

Un des thoniers suivi par L'Esperanza
Greenpeace a eu l'occasion de discuter de la campagne 2006 avec les capitaines de quatre bateaux français, les Jean Marie Christian III, IV, V et VI, qui appartiennent tous à l'armement sétois Avalone et avec celui du Nuevo Panchilleta, appartenant à la société espagnole Grupo Fuentes qui est également la plus importante société d'engraissement de thon sur le Bassin Méditerranéen. Toutes les informations recueillies lors de ces entrevues convergent sur une même conclusion : le faible niveau actuel des captures est préoccupant voire alarmant.
François Provost, chargé de la campagne "thon rouge" à Greenpeace France, a participé à ces entretiens. Il témoigne : "les pêcheurs avec lesquels nous avons eu des échanges reconnaissent unanimement que la campagne actuelle est l'une des plus mauvaises qu'ils aient vécues jusqu'alors. Ils sont même allés jusqu'à reconnaître que les quotas ne sont pas respectés, qu'il y a tout simplement trop de bateaux sur cette pêcherie et que si la situation actuelle était appelée à perdurer, l'avenir du thon rouge de Méditerranée sera directement compromis".
D'après Robert Mielgo, expert international du marché mondial du thon, seulement 1 000 tonnes de thon auraient été capturées dans les eaux libyennes cette année alors qu'à la même date l'an dernier, ce sont 9 000 tonnes qui avaient été extraites dans cette même zone. Monsieur Mielgo souligne également que le niveau de capture enregistré au Baléares est, lui aussi, extrêmement bas : les pêcheurs à la madrague (une technique artisanale) du détroit de Gibraltar ont vu leurs tonnages diminuer de 85% par rapport à celles de l'année 2000. Autre élément préoccupant, la taille moyenne des captures qui d'après différents témoignages de professionnels serait passée de 220 à 120 kg en quelques années.
Début juin, Greenpeace International a publié un rapport dénonçant la grave baisse tendancielle du stock méditerranéen et le fait qu'en 2005 le quota de 32 000 tonnes a été dépassé de près de 40% avec des captures "réelles" estimées à plus de 45 000 tonnes. D'après l'association, les experts de l'ICCAT seront condamnés à baser leurs évaluations sur des données peu fiables en raison notamment de la généralisation des sous-déclaration de capture et de la pêche pirate dans tout le bassin méditerranéen.
"Nous appelons les experts de l'ICCAT à dénoncer ceux qui sont responsables de l'absence de données fiables et à prendre en compte les énormes incertitudes qui grèvent les statistiques officielles. Nous attendons d'eux qu'ils appliquent strictement le principe de précaution dans leurs évaluations et qu'ils préconisent les mesures drastiques qui sont nécessaires à la reconstitution du stock méditerranéen, déclare Sebastian Losada, responsable de campagne "Océans" pour Greenpeace Espagne. Si les mesures urgentes qui s'imposent ne sont pas adoptées d'urgence, le thon rouge de l'atlantique sera comme le thon équatorial ou la morue à Terre-Neuve condamné à disparaître à cause d'une gestion catastrophique des stocks et de la ressource".
Les demandes adressées par Greenpeace à l'ICCAT sont simples, claires et précises :
- Un plan à long terme de restauration du stock méditerranéen basé sur le principe de précaution et qui porte notamment sur la réduction des quotas et la protection des frayères et des nurseries doit être instauré,
- L'augmentation de la taille minimale de capture, de manière à ce qu'elle corresponde effectivement à la maturité sexuelle de l'espèce, doit être actée.
- L'extension de la période de fermeture de la pêcherie de manière à réduire immédiatement et dans des proportions significatives l'effort de pêche, doit être mis en œuvre,
- La mise en place d'un réseau d'observateurs indépendants habilités à intervenir à la fois sur les bateaux et dans les fermes d'engraissement, doit voir le jour urgemment. Ces observateurs seraient notamment chargés :
- De l'évaluation précise des volumes de capture;
- De s'assurer de l'absence de captures sous-taille;
- De vérifier que les quotas ne sont pas dépassés ;
- De s'assurer que les données nécessaires à une gestion durable du stock sont disponibles.
Notes:
- Le comité scientifique (Scientific Committee on Research and Statistics) de l'ICCAT (International Commission for the Conservation of Atlantic Tuna) - instance de l'ONU chargée de la gestion du thon rouge de l'Atlantique - se réunit cette semaine à Madrid pour évaluer la situation.
- Retrouvez l'actualité en temps réel du bateau sur http://weblog.greenpeace.org/defenseurs/
http://www.greenpeace.org/france/
Commentaires
cata!
Je ne comprend pas mes pecheurs!Ils veulent tuer la poule aux oeufs d'or ou ils sont des suicidaires economiques!!!Quand on a un metier, on fait tout pour preserver son avenir economique, il ne s'agit pas seulement de bàon sens ecologique mais d'abord economique!
Si dans 5 ans il n'y plus de thon rouge qu'est qu'ils feront?Ils feront disparaitre d'autres especes?Deja que les filets derivants et autres techniques de peche representent un gaspillage de poissons, là on frise la folie economique. C'est de l'interet IMMEDIAT de tous les pecheurs de proteger le thon rouge d'abord puis les autres ressources en mettant en place des techniques et des quotas de peches qui permettront à nos enfants de manger et pecher du poisson.
Toute bonne entreprise gere ses stocks et investit pour proteger et perenniser son activité, c'est un principe capitaliste de base!
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