23 juillet 2007
Le gratin aux OGM
Une succulente recette que nous prépare la commission européenne.

Vous reprendrez bien un peu de gratin aux OGM ?
Montage photo réalisé d'après une photographie de avlxyz/Alpha
Licence Creative commons by-sa
Ingrédients - Pour 500 million d'habitants
- Une variété de pomme de terre OGM
- 27 ministres indécis
- Une commission européenne inconsciente
- Des citoyens majoritairement contre les ogm
- Des risques sanitaires
Préparation
- Présentez le dossier " pomme de terre OGM " aux ministres.
- Faites voter
- Aucune décision n'étant prise, transférez le dossier à la commission européenne
- Pendant ce temps, mettez ensemble l'avis des citoyens (plus de 80% sont opposés aux OGM) et les risques sanitaires, puis jetez le tout à la poubelle. Eh oui, mon bon monsieur : ici, on ne discute pas santé, on cause fric !
- Laissez mijoter, vous obtiendrez une superbe autorisation de mise sur le marché d'une pomme de terre qui pourra rendre certaines bactéries résistantes aux antibiotiques !
Vous pensez que c'est de la science-fiction ? Bien au contraire…
Une nouvelle pomme de terre OGM va prochainement atterrir dans nos assiettes. Cette variété "contient un gène de résistance à la néomycine et à la kanamycine, des antibiotiques réservés au traitement des infections aiguës" (Source : Greenpeace). Il faut savoir que ces ARMG (gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques) peuvent être transférés des plantes aux bactéries. Celles-ci courent le risque de devenir résistantes aux antibiotiques et rendre inefficaces certains médicaments.
Le gouvernement français sans opinion ?
Pour avoir le droit de cultiver un OGM, les entreprises européennes doivent avoir reçu l'autorisation Conseil des ministres de l'Union Européenne. Mais pour cela, la décision doit être prise à la majorité qualifiée. Dans le cas contraire, la décision revient à la commission européenne. A Bruxelles, 11 pays ont voté contre, 10 pour, et 6 - dont la France - se sont abstenus. Vous lisez bien : A bruxelles, les ministres n'ont rien décidé ; Faute d'une majorité qualifiée, les gouvernements élus ont tout bonnement passé la main à la commission européenne !
Les dés sont jetés
Déjà en février 2006, la Commission européenne avait conclu "qu'il était improbable que cette pomme de terre ait un effet néfaste sur la santé humaine et animale ou sur l'environnement dans le cadre des utilisations proposées" (source : Actu-environnement.com). Faute d'un coup de théâtre bien improbable, la décision de la commission européenne sera vraisemblablement positive, la pomme de terre BASF pourra donc être cultivée en toute légalité en Europe.
Dans sa demande d'autorisation, BASF n'exclut d'ailleurs pas que cet OGM puisse être utilisé ou présent dans l'alimentation humaine ! Même sans cela, ces OGM se retrouveront indirectement dans nos assiettes : la demande de BASF prévoit que certains sous-produits ne contenant pas d'amidon seront utilisés pour nourrir le bétail. Cet OGM entrera donc dans la chaîne alimentaire. Tout ceci bien entendu n'exclut pas les autres risques dus aux OGM, notamment celui de contaminer les autres cultures…
L'équipe d'actu'Nature vous souhaite un bon appétit !
13 mars 2007
Pêche: situation préoccupante pour les stocks de haute mer
5 mars 2007, Rome - L’état de certaines espèces de poissons grands migrateurs et hauturiers suscite de vives préoccupations même si la proportion de stocks mondiaux de poissons de mer considérés comme surexploités ou appauvris est demeurée stable au cours des 15 dernières années, met en garde la FAO dans son dernier rapport sur les pêches mondiales.
Sur tous les stocks de poissons de mer surveillés par la FAO, 25 pour cent sont soit surexploités (17 %), soit appauvris (7 %), soit en voie de reconstitution (1 %), révèle le rapport intitulé Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture et qui vient de paraitre.
Ces chiffres sont restés à peu près stables depuis 15 ans. Mais l’état des stocks de certaines espèces capturées exclusivement ou partiellement en haute mer hors des juridictions nationales suscite de graves inquiétudes – en particulier les requins océaniques grands migrateurs et les "stocks chevauchants" qui sillonnent les zones hauturières et franchissent régulièrement les frontières maritimes nationales.
Plus de la moitié des stocks de requins grands migrateurs et 66 pour cent des stocks hauturiers et chevauchants sont soit surexploités soit appauvris, indique le rapport, notamment des espèces comme le merlu, la morue et le flétan, l’hoplostète rouge, le requin pèlerin et le thon rouge.
Indicateurs clés
"Même si ces stocks ne représentent qu’une petite partie des ressources halieutiques, ils sont des indicateurs clés de l’état d’une portion massive de l’écosystème océanique", a déclaré le Sous-directeur général de la FAO pour les pêches, M. Ichiro Nomura. Le rapport fait en outre remarquer que le suivi des captures de poisson en haute mer est insuffisant. Les statistiques des prises portent sur de très vastes zones, ce qui rend difficile l’évaluation précise de l’état des stocks spécifiques de haute mer et entrave les efforts d’aménagement responsable.
Points névralgiques
En observant l’ensemble des espèces marines, le pourcentage de stocks atteignant ou dépassant leur rendement maximal équilibré varie considérablement d’une zone à l’autre, selon le rapport.
Parmi les zones les plus problématiques figurent l’Atlantique du Sud-Est, le Pacifique du Sud-Est, l’Atlantique du Nord-Ouest et les lieux de pêche du thon de haute mer dans les océans Atlantique et Indien. Dans ces zones, les stocks surexploités, appauvris ou en reprise oscillent entre 46 et 66 pour cent du total.
"Ces tendances confirment que le potentiel de capture des océans de la planète a vraisemblablement atteint son plafond. En outre, elles soulignent la nécessité d’une gestion plus prudente et efficace des pêches afin de reconstituer les stocks épuisés et empêcher la diminution des stocks proches de leur rendement maximal", a souligné M. Nomura.
La gestion multilatérale à la traine
Le rapport soutient, par ailleurs, que des réformes sont nécessaires pour renforcer les organismes régionaux d’aménagement des pêches, institutions multilatérales créées par les gouvernements pour promouvoir la coopération régionale en matière de gestion des pêches.
Ces organismes – qui sont déjà au nombre de 39 tandis que d’autres sont en train de se constituer – représentent le seul moyen réaliste d'assurer une bonne gouvernance de l’exploitation des stocks halieutiques, qu’il s’agisse de stocks partagés ou de stocks chevauchants entre des zones de juridiction nationale, entre ces zones et la haute mer, ou exclusivement en haute mer, indique le SOFIA. Pourtant, en dépit des efforts déployés ces dernières années pour améliorer leur capacité de gestion, "en l’absence d’une détermination politique des membres de certains de ces organismes et des positions rigides à l’encontre d’un aménagement régional rationnel des pêches, les initiatives visant à relever les enjeux de conservation et de gestion ont été contrariées, voire réprimées", ajoute le rapport.
En conclusion, "renforcer les organismes régionaux d'aménagement des pêches afin de conserver et de gérer les stocks de poisson plus efficacement reste le principal défi que doit affronter la gouvernance internationale des pêches".
Réunion du Comité des pêches
La question de la réforme des organismes régionaux fera cette semaine l’objet de discussions parmi les autorités des pêches de haut niveau appartenant aux pays participant à la 27ème session du Comité des pêches de la FAO (COFI, 5-9 mars 2007).
Le COFI examinera aussi une série d’autres points, notamment l’approche écosystémique des pêches et de l’aquaculture, la pêche en eaux profondes, les zones marines protégées, les risques posés par les engins de pêche perdus ou abandonnés, et la lutte contre la pêche illégale.
Ci-dessous, les principales conclusions du rapport:
- État des stocks mondiaux de poissons de mer:
52 % des stocks sont pleinement exploités, ce qui veut dire qu’ils ont atteint -ou sont en passe d’atteindre- leur rendement maximal équilibré
20 % sont modérément exploités
17 % sont surexploités
7 % sont appauvris
3 % sont sous-exploités
1 % est en voie de reconstitution
- Les captures de poissons à l’état sauvage ont atteint un chiffre record de 95 millions de tonnes par an, dont 85,8 millions issus des pêcheries marines et 9,2 millions des pêches continentales.
- Au total, la production halieutique mondiale (captures marines et continentales plus pisciculture) s’élève à 141,6 millions de tonnes chaque année, dont 75 % (105,6 millions de tonnes) destinés à la consommation humaine directe; le reste étant utilisé pour les produits non alimentaires, en particulier pour la préparation de farine et d’huile de poisson.
- L’aquaculture demeure le secteur de production vivrière à plus forte croissance au monde, avec une production annuelle de 47,8 millions de tonnes. Les pêches de capture s’étant stabilisées, la pisciculture fournit des quantités toujours plus importantes de poisson pour l’alimentation. Si en 1980, seulement 9 pour cent du poisson consommé par l’homme venait de l’aquaculture, aujourd’hui, ce chiffre est passé à 43 pour cent.
- Le commerce mondial de poisson et de produits halieutiques a atteint un record absolu, avec une valeur d’exportation de 71,5 milliards de dollars, soit une hausse de 23 pour cent par rapport à 2000.
Source : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
09 novembre 2006
Changement climatique et alimentation
7 novembre 2006, Nairobi/Rome – Le changement climatique aura des retombées directes sur les disponibilités alimentaires futures, entraînant des difficultés croissantes pour nourrir la population de la planète en rapide expansion, a déclaré la FAO à l'ouverture d'une conférence des Nations Unies sur le changement climatique hier à Nairobi.
Dans une allocution à l'organe scientifique et technique de la conférence, M. Castro Paulino Camarada, représentant de la FAO au Kenya, a insisté sur le fait qu'il faudrait accorder une plus grande attention à l'impact du changement climatique sur l'agriculture, les forêts et les pêches et sur les mesures d'atténuation et d'adaptation.
Bioénergie
Selon M. Camarada, les compétences de la FAO peuvent contribuer à atténuer les effets du changement climatique sur plusieurs fronts.
"On assistera vraisemblablement à une transition significative vers les biocarburants au cours des 50 prochaines années, l'agriculture et la foresterie étant les sources principales de combustibles à la fois liquides et solides", a-t-il indiqué.
"Il n'existe de solution unique pour aucun pays, la bioénergie a un rôle à jouer tant dans l'adaptation au changement climatique que dans son atténuation."
Avec les technologies adéquates, la conversion de la biomasse (bois et résidus de récolte, herbes, paille et brindilles) en carburant pourrait fournir des disponibilités abondantes d'énergie propre et à faible coût, tout en stimulant le développement économique des communautés rurales (augmentation des revenus et amélioration de la sécurité alimentaire), selon la FAO.
Des cultures comme la canne à sucre, le maïs et le soja sont déjà utilisées pour produire de l'éthanol ou du biofuel.
La Plateforme internationale de la bioénergie de la FAO et son récent accord avec le Gouvernement italien pour accueillir le Partenariat mondial sur les bioénergies sont des premiers pas fondamentaux vers la promotion d'un développement et d'une utilisation durables et équitables des bioénergies, a déclaré M. Camarada.
Gestion des forêts
Dans le domaine de la foresterie, la FAO estime qu'une meilleure gestion des forêts peut jouer un rôle crucial dans les efforts déployés au niveau mondial pour affronter le changement climatique.
Si elles sont surexploitées et brûlées, les forêts deviennent des sources d'émission de gaz à effet de serre. Parallèlement, les forêts et leur bois piègent et stockent le dioxyde de carbone contenu dans l'atmosphère, jouant un rôle essentiel dans la mitigation du changement climatique.
M. Camarada a fait remarquer que la FAO a récemment organisé un atelier de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation dans les pays en développement, soulignant que l'Organisation était prête à offrir son soutien technique dans ce domaine.
S'adapter
Oeuvrer pour renforcer la résilience des systèmes de culture à la variabilité du climat est une priorité pour la FAO.
Selon M. Camarada, les contributions les plus efficaces de la FAO dans le domaine de l'adaptation au changement climatique résident dans la dotation des pays en outils et en informations afin qu'ils adaptent leurs politiques et pratiques agricoles, halieutiques et forestières aux régimes de changement climatique.
Cela englobe: des données agrométéorologiques et des outils d'évaluation de l'impact des phénomènes extrêmes et des directives pour s'y adapter; des outils d'analyse de la vulnérabilité; la cartographie du couvert végétal; des évaluations à l'échelle mondiale des ressources agricoles et forestières; et des conseils sur le développement des moyens d'existence ruraux liés aux décisions de culture des agriculteurs.
La conférence de Nairobi se déroule du 6 au 17 novembre 2006.
05 novembre 2006
Biodiversité : la faune marine gravement menacée
Selon un rapport scientifique publié dans la célèbre revue américaine « Science » , la quasi-totalité des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation auront disparu des océans avant 2050 si les tendances actuelles se poursuivent. Greenpeace demande que 40% des océans soient déclarés réserves marines.
«Ce rapport vient renforcer nos actions contre les menaces qui pèsent sur les océans. Nous ne voulons pas d'un moratoire sur tous les océans mais la création de réserves marines, déclare Aurèle Clémencin. Ces réserves marines devront être fermées à toutes les activités industrielles extractives pour protéger les espèces mais aussi les écosystèmes qui les font vivre. A l'heure actuelle la sur-exploitation des espèces, l'utilisation de techniques de pêche destructrices pour les espèces et les écosystèmes doivent être stoppées. Il ne s'agit pas de fermer les océans à toutes les activités mais il faut s'assurer que les ressources et les services rendus à l'Homme par les écosystèmes soient stabilisés.»
Les auteurs du rapport scientifique tirent la sonnette d'alarme :
"Nos analyses indiquent que sans changement, la situation actuelle laisse présager de sérieuses menaces sur la sécurité alimentaire mondiale, la qualité des eaux côtières et la stabilité de l'écosystème qui affecteront les générations actuelles et futures", écrivent-ils.
"Que l'on regarde les résultats d'expérimentations en laboratoires ou des études portant sur l'ensemble des océans, on fait le même constat, à savoir que la productivité et la stabilité de tout l'écosystème marin diminuent", explique Boris Worm, un biologiste à l'université d'Halifax (Nouvelle-Ecosse), un des co-auteurs.
A ce stade, "29% des espèces de poissons et de crustacés sont en passe de disparaître", précise Boris Worm ajoutant que "les prises de pêche de ces espèces ont diminué de 90%" ces dernières années. La morue de l'Atlantique nord a déjà atteint le point de non-retour et est considérée comme quasiment éteinte."Si cette tendance se poursuit, tous les stocks de poissons et de crustacés pourraient être épuisés d'ici 2048", a ajouté Boris Worm.
La pêche intensive et la pollution menace la sécurité alimentaire
Cette recherche effectuée pendant quatre ans révèle également que la disparition d'une seule espèce accélère le dérèglement de l'ensemble de l'écosystème.
A l'inverse, toute espèce qui retrouve un taux normal de reproduction contribue à la santé et à la stabilité des océans ainsi qu'à leur capacité d'absorber des chocs comme la pollution et le réchauffement du climat.
Ces scientifiques expliquent que la perte de biodiversité réduit profondément la capacité des océans à produire des poissons et crustacés, de résister au développement des parasites comme certaines algues ainsi qu'à produire de l'oxygène et à filtrer les substances polluantes.
"L'océan est un grand recycleur, il absorbe les égoûts et les recycle en substances nutritives, il retire les toxines de l'eau, produit de la nourriture et transforme le dioxyde de carbone (CO2) en élément de nutrition et en oxygène", souligne Steve Palumbi, un biologiste de l'université Stanford (Californie, ouest) et co-auteur de ces travaux.
Pour cette étude, les chercheurs ont fait la synthèse de toutes les données couvrant mille ans d'histoire marine, celles provenant d'études dans 48 zones marines protégées et des statistiques mondiales sur la pêche de 1950 à 2003.
"Toutes ces données montrent aussi qu'il est possible d'inverser les tendances actuelles avant qu'il ne soit trop tard", estiment les auteurs de l'étude, déplorant toutefois "que seul 1% des océans soit protégé actuellement".
«Les instances politiques nationales et internationales, Nations Unies ou OCDE, ont toujours repoussé la mise en place de mesures de protection à plus tard, invoquant systématiquement qu'un flou scientifique persistait. Là ce nouveau rapport est sans appel. Va-t-on attendre, à l'instar de la morue, que les espèces des grands fonds et le thon rouge aient disparu de la planète? Il est tant que les discussions se transforment en action politique à court terme avec des moratoires sur la pêche des espèces les plus menacées et à long terme avec la mise en place de réserves marines» raconte Aurèle Clémencin de la campagne océan de Greenpeace.
19 octobre 2006
Riz OGM : histoire d'une contamination mondiale
D'après les résultats de tests réalisés par Greenpeace, du riz vendu au Moyen-Orient a également été contaminé par le riz génétiquement modifié de Bayer, non autorisé et provenant de champs expérimentaux aux Etats-Unis1. Cette contamination par le riz de Bayer, déjà prouvée dans l'Union européenne, risque d'avoir de sérieuses implications commerciales car le Moyen Orient est le deuxième importateur mondial de riz américain et un ré exportateur alimentaire majeur vers l'Asie.
Aujourd'hui, les militants de Greenpeace ont symboliquement offert des bols de riz ornés de points d'interrogation aux ministres de l'Agriculture qui assistent au Congrès international du Riz (CIR) à New Delhi. Les militants demandent que soient immédiatement prises des mesures pour contenir la contamination de la denrée alimentaire la plus importée au monde.
Les ministres de l'Agriculture de huit pays2 participent à ce CIR dans le but d'établir l'agenda de la production et des exportations de riz pour les cinq prochaines années. AU programme des débats : les enjeux commerciaux, les innovations scientifiques et des solutions durables pour la production de riz. Ironie du sort ? Bayer et Monsanto, les deux entreprises les plus pro-OGM, sponsorisent ce congrès et se mettent ainsi en position d'influencer l'agenda à leur avantage, alors même que la contamination du riz américain par du riz OGM de Bayer a déjà été découverte dans treize pays et a résulté dans des restrictions d'importations depuis les États-Unis.
« Le riz contaminé au Moyen Orient est un nouveau sale coup pour l'industrie américaine du riz, déjà affectée par des rappels de produits, des exigences d'analyses, des restrictions d'importations et des annulations de commandes de nombreux pays, déclare Divya Raghunandan, de Greenpeace Inde, présente au Congrès. Cette contamination du riz américain prouve que tout pays qui autorise la culture d'OGM, même à titre expérimental, expose ses agriculteurs et négociants de produits agricoles à un désastre économique et écologique. La seule solution est leur interdiction. »
Greenpeace réclame que les gouvernements adoptent un plan d'action clair qui permette d'éviter de nouveaux scandales de contamination génétique et qui rende Bayer responsable pour les produits contaminés. « L'étendue de cette contamination génétique réclame une réponse urgente. Ce riz et ses produits dérivés peuvent être dans les rayons des supermarchés n'importe où dans le monde, prévient Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Nous demandons aux ministres de l'Agriculture de commander immédiatement des analyses complètes de tous les produits qui auraient pu être exposés à la contamination par du riz OGM, et d'imposer des contrôles stricts sur toutes les importations provenant de pays cultivant expérimentalement du riz OGM. Il faut une approche coordonnée mondialement pour assurer que les citoyens, partout dans le monde, sont protégés de la contamination génétique. »
1 Détails des produits testés : à Dubai (Emirats Arabes Unis) : Uncle Ben's long grain rice (supermarché Géant), Riceland Chef-way, preboiled rice (Carrefour), Riceland preboiled rice (Géant). A Salmiva (Koweit) : American rice INC parboiled rice (magasins City Center)
2 Chine, Indonésie, Inde, Laos, Népal, Philippines, Thaïlande, Vietnam
10 octobre 2006
De nouvelles armes contre le criquet pelerin
Le criquet pèlerin peut frapper de nouveau malgré l'accalmie actuelle sur son terrain de prédilection, l'Afrique. Lors de la recrudescence acridienne de 1988, des essaims de criquet pèlerin avaient traversé l'Atlantique de la Mauritanie jusqu'aux Caraïbes, parcourant 5 000 kilomètres en 10 jours.
Les experts étaient interloqués car les essaims migrateurs s'arrêtent normalement la nuit pour se reposer. Les criquets ne sachant pas nager, par quel sortilège avaient-ils réussi ce tour de force?
Il s'est avéré que les essaims se posaient en fait non seulement sur tous les navires qu'ils trouvaient sur leur passage, mais aussi sur l'eau. Les premiers se noyaient, mais leurs cadavres servaient de radeau aux autres.
Depuis l'avènement de l'agriculture il y a plus de 10 000 ans, l'humanité est confrontée à un ennemi redoutable et plein de ressources, le criquet pèlerin (Schistocerca gregaria). Normalement solitaires, ces insectes originaires des déserts d'Afrique de l'Ouest à l'Inde se transforment, quand certaines conditions sont réunies, en gigantesques essaims voraces qui laissent un sillage de désolation derrière eux.
De tous temps, les agriculteurs et les services de protection des plantes se sont employés à repousser les bandes et les essaims de criquets en faisant du bruit ou de la fumée, et en ramassant, en enterrant et en brûlant les insectes. Mais sans guère de succès tangible. Les essaims ont toujours réussi à imposer leur loi : celle du nombre. En effet, ils peuvent s'étendre sur des centaines de kilomètres et compter des milliards d'ailés.
L'homme s'est toujours demandé d'où venaient ces animaux et comment ils survivaient. Ce n'est qu'au milieu du XXème siècle qu'on a découvert que l'insecte solitaire marron clair vivant dans le désert était la même espèce que le criquet de teinte rouge et jaune des invasions. Ce n'est que lorsque sa biologie a été comprise et que les pesticides chimiques et la pulvérisation aérienne ont été disponibles il y a quelques dizaines d'années que des initiatives ont pu être prises pour maîtriser les infestations. Cependant, l'utilisation des pesticides à grande échelle a également soulevé des préoccupations réelles pour la santé et l'environnement.
Au centre névralgique des opérations antiacridiennes d'urgence (ECLO) situé au 7ème étage du siège de la FAO, à Rome, Keith Cressman, l'expert en prévisions acridiennes, contrôle les conditions environnementales actuelles et les données relatives aux populations acridiennes sur trois écrans installés dans son bureau. La dernière grande recrudescence a pris fin au début de 2005 et le niveau d'alerte actuel est vert (calme).
Prévenir plutôt que guérir
Partant du principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir, les experts de la FAO se préparent à affronter le prochain round de la bataille millénaire contre les criquets – partout et à tout moment.
"La prochaine fois", annonce M. Cressman, "nous disposerons de nouveaux outils".
Les agents de lutte biologique récemment mis au point et l'amélioration de la surveillance et du renseignement seraient décisifs lors du prochain round et pourraient réduire fortement le recours actuel aux pesticides chimiques. La recherche en cours au Centre international de physiologie et d'écologie des insectes (ICIPE) de Nairobi le laisse espérer.
Une équipe de l'ICIPE dirigée par un chimiste écologiste de 64 ans originaire de Zanzibar, Ahmed Hassanali, a identifié et synthétisé un phéromone (ou signal chimique) spécifique aux acridiens, qui peut être utilisé contre les jeunes ailés avec un effet dévastateur.
PAN
Le phénylacétonitrile (abréviation PAN) gouverne normalement l'instinct de grégarisation des mâles adultes, qui l'utilisent aussi pour avertir les autres mâles de ne pas les déranger lorsqu'ils sont occupés à se reproduire. Mais M. Hassanali a constaté qu'il avait des résultats étonnamment différents sur les immatures, appelés larves.
Tout comme les adultes forment des essaims, les larves, dans les conditions requises, arrêtent de se comporter en tant qu'individus et se regroupent en bandes pouvant aller jusqu'à 5 km de largeur. Ils sont juste un peu moins voraces que les adultes, qui mangent leur propre poids (2 grammes) de nourriture chaque jour.
Au cours de trois essais de terrain – dont le dernier a eu lieu au Soudan l'an dernier – l'équipe de M. Hassanali a démontré que même des doses minuscules de PAN pouvaient interrompre les bandes larvaires et les contraindre à rompre les rangs.
Sous l'effet du PAN, les criquets reprennent leur comportement solitaire. En proie à une grande confusion, désorientés, certains d'entre eux perdent l'appétit, tandis que d'autres, devenus cannibales, se mangent entre eux. Les survivants deviennent des proies faciles pour les prédateurs.
Ce qui rend PAN particulièrement attractif est que l'on n'a besoin que d'une fraction de la substance – moins de 10 millilitres par hectare – par rapport aux quantités de pesticides chimiques ou biologiques. Cela se traduit par des coûts financiers et environnementaux nettement plus faibles : 50 cents l'hectare contre 12 dollars pour les pesticides chimiques et 15-20 dollars pour les biopesticides.
Il s'agit là d'une avancée importante dans les pays en première ligne de la guerre antiacridienne, dont beaucoup sont parmi les plus pauvres du monde.
Un champignon létal
Une approche biologique différente, mais aussi très efficace, est utilisée dans Green Muscle ®, un biopesticide mis au point par le centre de lutte biologique de l'Institut international pour l'agriculture tropicale de Cotonou (Bénin) et fabriqué en Afrique du Sud.
Son principe actif est constitué par les spores du champignon naturel Metarhizium anisopliae var acridum qui forent à travers les exosquelettes des criquets et détruisent leurs tissus de l'intérieur. Létal sur les criquets, le champignon est inoffensif sur d'autres formes de vie.
Même si Green Muscle ® est déjà appliqué avec succès en Australie, son introduction en Afrique et en Asie est ralentie par plusieurs facteurs, notamment la nécessité d'essais supplémentaires à plus large échelle et l'exigence d'autorisations officielles.
Inconvénient majeur : il met plusieurs jours à tuer les acridiens. Il est aussi relativement coûteux et a une durée de conservation très courte sous sa forme normale, c'est-à-dire liquide et prête à pulvériser.
On pourrait stocker le produit sous forme de poudre et le diluer juste avant de l'utiliser. L'équipe de M. Hassanali a démontré que s'il est utilisé en association avec une petite quantité de PAN, un quart de la dose normale de Green Muscle ® est suffisante.
Hormones
Dans l'armement moderne en préparation pour la lutte antiacridienne, citons une catégorie de produits à base d'hormones, connue sous le terme de régulateurs de croissance des insectes (ou IGR). Ceux-ci bloquent la capacité des larves de muer correctement. Ils n'ont aucun effet toxique direct sur les vertébrés.
Les IGR restent efficaces après plusieurs semaines d'application et sont souvent utilisés dans les traitements dits «en barrière». Cette méthode prévoit l'application d'étroites bandes du produit, perpendiculaires à la direction des légions de larves en marche. Il suffit de seulement 10 pour cent de la quantité utilisée dans les traitements en plein. Après avoir traversé une ou deux barrières, les larves absorbent suffisamment de produit pour mourir pendant leur mue.
Comme pour PAN et Green Muscle®, les IGR doivent être ciblés sur les acridiens à un stade précoce de leur existence, avant qu'ils puissent voler. Cela requiert un niveau avancé de surveillance et de renseignements pour s'assurer que les concentrations de criquets sont éliminées à un stade précoce.
eLocust2
Bien que M. Cressman dispose de satellites, d'ordinateurs et de modèles mathématiques, le maillon faible de la chaîne a été jusqu'à présent le temps qu'il faut pour obtenir les informations du terrain.
Les équipes de terrain mobiles chargées de garder l'oeil sur les populations acridiennes travaillent dans certaines des zones les plus reculées et parfois, pour des raisons d'environnement et de sécurité, les plus hostiles du monde. Il peut s'écouler une semaine ou plus avant qu'un rapport, venant par exemple du Sahara central, n'atterrisse sur le bureau de l'expert de la FAO. En attendant, les criquets – "qui n'ont pas besoin de visas", souligne-t-il – auront déguerpi vers un autre pays, voire un autre continent.
Mais les choses vont bientôt changer. Les équipes de terrain sont désormais équipées d'appareils manuels pour enregistrer les données vitales sur les acridiens et les transmettre à leurs bases respectives, puis à Rome, en temps réel.
Mis au point par l'Agence spatiale française CNES, le système eLocust2 est capable de relayer l'information des satellites de communication jusqu'au Centre National de lutte antiacridienne du pays touché quelques minutes seulement après avoir été transmis pour analyse à M. Cressman. Dans le cas de concentrations anormales de larves, des interventions immédiates peuvent être déclenchées, empêchant les criquets d'atteindre l'âge où ils essaiment.
Masse grouillante
Dans un article de la revue Science, l'expert en criquets Martin Enserink donne la description suivante d'une population acridienne hors de contrôle :
"En ce beau matin de novembre, on voit bien, même de loin, que les arbres autour de ce petit village marocain ont quelque chose qui ne va pas. Ils sont couverts d'un lustre rose-rougeâtre, comme si leurs feuilles changeaient de couleur... A mesure que l'on s'approche, on entrevoit une masse grouillante, une véritable couverture géante d'insectes perchés sur chaque arbre, dévorant les feuilles rabougries. En se rapprochant encore davantage, on perçoit comme un crachin insistant : c'est le flux ininterrompu de fientes de criquets s'abattant sur le sol."
Ces scènes cauchemardesques appartiendront-elles, un jour, au passé ?
Source : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
22 septembre 2006
L'agriculture emploie 70 % des enfants qui travaillent dans le monde
14 septembre 2006, Rome - L'agriculture emploie quelque 70 pour cent des enfants qui travaillent dans le monde. De nombreux enfants sont astreints à un travail forcé et dangereux, souvent contraints à travailler de longues heures, à utiliser des outils affilés conçus pour des adultes, à porter des charges trop lourdes pour leurs petits corps immatures et à manipuler des machines dangereuses. Les enfants travaillant dans l'agriculture sont également exposés aux pesticides toxiques, aux poussières nocives, aux maladies et à des conditions hygiéniques malsaines.
Réduire le travail des enfants dans l'agriculture était le thème d'une réunion qui a rassemblé à Rome des représentants de la FAO et d'autres organisations agricoles internationales ainsi que l'Organisation internationale du travail (OIT) pour examiner comment affronter le problème en coordonnant leurs efforts.
Travail à risque
L'agriculture est un des trois secteurs les plus dangereux – avec les mines et le bâtiment – en termes de morts et de blessés au travail, et ceci est particulièrement vrai pour les enfants dont le corps est en pleine croissance et qui manquent d'expérience ou de formation.
"Certaines activités agricoles— comme mélanger et appliquer les pesticides, utiliser certains types de machines agricoles – sont si dangereuses qu'il devrait être interdit d'y employer des enfants", indique Parviz Koohafkan, Directeur de la Division du développement rural de la FAO.
Mais, précise-t-il, tout le travail que les enfants accomplissent ne nuit pas à leur épanouissement et à leur bien-être.
"Quand on parle d'agriculture de subsistance et d'agriculture familiale, la participation des enfants aux activités agricoles les aide à acquérir des techniques précieuses, à prendre confiance en soi et à contribuer à la création de revenus du ménage, ce qui a un impact positif sur leurs propres moyens d'existence", ajoute M. Koohafkan. "C'est donc une question très complexe qui devrait être examinée au cas par cas pour éviter les généralisations".
Qu'est-ce que le travail des enfants ?
Toutes les formes de travail exercées par les enfants ne leur portent pas préjudice, selon l'OIT. Des travaux légers qui ne perturbent pas la scolarité sont autorisés dès l'âge de 12 ans, de même que les travaux n'appartenant pas à la catégorie "dangereux" pour les jeunes de 15 ans et plus.
Le travail des enfants dont il est question dans les conventions de l'OIT est tout travail dommageable à leur bien-être, qui entrave leur éducation, leur développement et leurs moyens d'existence futurs. Lorsque les enfants sont forcés à travailler de longues heures dans les champs, cela nuit à leur assiduité scolaire ou à leur formation professionnelle et, en conséquence, à leurs possibilités de mobilité économique et sociale et à leur futur.
Le rôle de la FAO
Le travail des enfants dans l'agriculture est lié aux systèmes de subsistance des zones rurales et à la vulnérabilité économique des familles. Créer d'autres sources de revenus pour les ménages réduirait la nécessité de faire travailler les enfants et permettrait à leurs familles de les envoyer à l'école.
En favorisant des stratégies et programmes de développement rural visant à améliorer les moyens d'existence ruraux, à créer des activités rémunératrices et à affronter les questions de santé et de sécurité dans l'agriculture, la FAO a un rôle important à jouer pour aider à réduire le travail des enfants et le niveau de risque qui s'y rapporte, selon M. Koohafkan. Les efforts de la FAO pour améliorer la gestion des pesticides, par exemple, aident à protéger les jeunes travailleurs d'un des principaux dangers auxquels ils sont confrontés.
L'instruction est une condition essentielle à la réduction de la pauvreté, à l'amélioration de l'agriculture et des conditions de vie des ruraux et à la construction d'un monde à l'abri de la faim. Mais les enfants ruraux ont généralement peu accès à une instruction de qualité en raison du manque d'écoles, d'enseignants, ou d'un enseignement scolaire peu adapté, ou tout simplement parce que leurs familles n'ont pas les moyens de payer les frais de scolarité.
En tant qu'organisme chef de file des Nations Unies dans le partenariat mondial sur l'Éducation pour les ruraux, la FAO travaille avec l'Unesco et d'autres partenaires pour combler le fossé urbain/rural en matière d'éducation et améliorer la qualité de l'enseignement rural de base ainsi que son accès.
Le plus gros enjeu: l'Afrique
L'enjeu consistant à éliminer les travaux dangereux des enfants est une véritable gageure en Afrique, où l'agriculture est l'activité économique dominante; et des facteurs comme la pauvreté persistante et l'insécurité alimentaire, une instruction médiocre et le VIH/SIDA viennent aggraver le problème.
Les enfants orphelins du sida souffrent doublement: ils perdent non seulement leurs parents, mais aussi la possibilité de faire leur apprentissage dans la vie et de recevoir les savoirs agricoles qui sont transmis traditionnellement de génération en génération. Sans accès aux biens, ils se retrouvent souvent avec la responsabilité d'un foyer et de frères et soeurs plus jeunes dont il faut s'occuper. Ainsi, beaucoup n'ont d'autre choix que le travail et sont particulièrement sujets à l'exploitation et à l'harcèlement.
Les Écoles pratiques d'agriculture et de vie pour les jeunes de la FAO opérant dans plusieurs pays africains dispensent aux orphelins du sida et autres enfants vulnérables des techniques agricoles et un apprentissage à la vie, et aident à renforcer la cohésion sociale au sein de communautés durement frappées par le VIH/SIDA.
Renforcer la sensibilisation
Les participants à la réunion de la FAO ont convenu que la diffusion de l'information et des campagnes de plaidoyer étaient nécessaires pour attirer l'attention sur le problème du travail des enfants dans l'agriculture. En 2007, la Journée mondiale d'action contre le travail des enfants, tenue chaque année le 12 juin, portera sur le secteur agricole pour sensibiliser davantage à ce problème.
"La plupart des enfants qui travaillent dans le monde sont concentrés dans les fermes et les plantations, pas dans les usines ou les zones urbaines", explique Jennie Dey DePryck, Chef du Service FAO des Institutions rurales et de la participation. "Si nous voulons éliminer les pires formes de travail infantile, il faut multiplier les efforts dans le secteur agricole".
Parmi les participants à la réunion figuraient des représentants de l'OIT, du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), du Programme alimentaire mondial (PAM), de la FAO, de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), de la Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA) et de l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA).
07 juin 2006
Séisme en Indonésie: la FAO a besoin de plus de 5 millions de dollars
6 juin 2006, Rome – La FAO a besoin de 5,6 millions de dollars pour venir en aide aux agriculteurs indonésiens qui ont tout perdu lors du séisme du 27 mai dernier sur l'île de Java.
La relance rapide du secteur agricole est indispensable si l'on veut améliorer les moyens d'existence des populations rurales, souligne-t-on à la FAO.
L'appel de la FAO s'insère dans le cadre de l'appel inter-agences des Nations Unies de 103 millions de dollars, lancé la semaine dernière pour répondre aux besoins immédiats des survivants de la catastrophe. Ceux-ci ont besoin d'abris, de soins médicaux, d'eau propre, d'installations hygiéniques et de denrées alimentaires en quantités suffisantes au cours des six prochains mois.
Selon les premières estimations, quelque 100 000 familles rurales dans les districts affectés des provinces de Yogyakarta et Central Java ont perdu leurs avoirs et leurs sources de revenus. La moisson pourrait être retardée et les récoltes pourraient même être complètement perdues, selon la FAO.
"Les familles rurales ne seront pas en mesure de reconstituer facilement leurs stocks d'intrants", indique Rajendra Aryal, le coordonnateur du programme de réhabilitation post tsunami de la FAO en Indonésie. Il reste beaucoup à faire pour le redémarrage de l'élevage et la remise en état des puits d'irrigation endommagés par le tremblement de terre.
Toujours selon l'expert, la FAO s'appuiera sur l'expérience acquise durant les opérations de réhabilitation post tsunami tout en mettant en œuvre sa stratégie de relance de l'agriculture dans les régions frappées par le séisme.
La FAO a aidé le gouvernement indonésien à évaluer les besoins des ménages vulnérables dans ces régions. Les agriculteurs représentent 40 pour cent de la population rurale de la province de Yogyakarta. Ils ont besoin d'une aide immédiate pour recommencer à produire, notamment du riz et des cultures secondaires. Ils ont également besoin de semences de légumineuses, d'engrais et d'outils agricoles.
Il faudra aussi remplacer le bétail décimé par le séisme, aménager des abris pour les bêtes, reconstituer les marchés, réhabiliter les laboratoires vétérinaires, assurer la disponibilité des vaccins et réparer les réseaux d'irrigation.
Les fonds requis par la FAO, à condition qu'ils parviennent rapidement, permettraient, d'une part, de mener à bonne fin les travaux de réparation des petits réseaux d'irrigation et, d'autre part, de livrer aux agriculteurs les semences et les engrais dont ils ont besoin de toute urgence avant la prochaine campagne en octobre.
La réponse rapide des bailleurs de fonds est indispensable pour assurer une production alimentaire suffisante au cours des prochains mois, selon la FAO.
Source : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
06 avril 2006
OGM : les bio demandent réparation à l'Etat
La filière agrobiologique française(*) a demandé à l'Etat de l'indemniser du préjudice qu'elle subit, du fait du retard pris dans la transcription de la Directive européenne 2001/18 relative à la dissémination des OGM dans l'environnement. Pour cette filière, l'absence actuelle d'information sur la localisation des parcelles OGM et la contamination grandissante des semences vendues comme non OGM aggravent les risques de contamination des cultures biologiques et non OGM, risques inhérents à toute dissémination.
Elles empêchent par ailleurs toute surveillance environnementale de ces dernières. Ces risques sont d'autant plus grands que le taux de contamination peut progresser très vite lorsque le paysan ressème une partie du grain qu'il a récolté, pratique reconnue par la loi et souvent indispensable en agriculture biologique pour compenser l'absence de semences adaptées à ce mode de culture. Aucune évaluation de l'impact des cultures d'OGM sur les productions agricoles françaises de qualité, aucune surveillance, ni même de notification des cultures commerciales OGM, n'est effectuée aujourd'hui en France, au point que l'on ne connaît même pas le nombre exact d'hectares de maïs transgénique cultivés sur le territoire depuis 2002, année où la Directive aurait dû être transposé en droit français. Par ailleurs, il n'existe pas, à l'heure actuelle, de règles claires d'indemnisation des opérateurs bio en cas de contamination.
Toute dissémination d'OGM entraîne l'obligation, pour la filière biologique, d'analyses coûteuses à tous les stades, de la semence à l'élaboration du produit final livré aux consommateurs. L'ignorance de l'existence et de la localisation de ces disséminations renforce cette obligation et aggrave son coût. Même si la contamination est encore marginale, la présence éventuelle d'OGM, outre les coûts d'analyse, peut induire chez les consommateurs de la méfiance vis-à-vis des produits bio et donc un risque de désaffection. De plus, une parcelle ayant porté ou ayant été contaminée par des OGM risque de demander des règles particulières de conversion à l'agriculture biologique, voire l'interdiction décennale de toute culture biologique de la même espèce que l'OGM disséminé, et devrait donc en garder une trace écrite au cas de cession de cette parcelle.
La filière biologique attend donc aujourd'hui une réponse à sa demande d'indemnisation à l'amiable. Si cette réponse ne venait pas, ou si elle se révélait négative, elle portera l'affaire devant les tribunaux dans les prochaines semaines.
Par cette démarche, elle entend rappeler aux parlementaires saisis par le gouvernement d'un projet de loi sur les OGM qu'ils ne peuvent pas ignorer les risques que font courir les firmes qui les disséminent à toutes les agricultures de qualité sans OGM. Si les parlementaires dédouanaient ces firmes de leur responsabilité vis à vis des dommages qu'elles causent déjà avec les semences contaminées et les OGM importés pour l'alimentation animale et qui s'aggraveront inévitablement en cas d'autorisation de cultures GM, ils porteront eux-mêmes cette responsabilité et ne pourront se prétendre non coupables au prétexte qu'ils ne savaient pas.
Source : www.natureetprogres.org
* les 6 organismes ayant engagé la responsabilité de l'Etat sont:
Nature
& Progrès, Fédération Nationale d'Agriculture Biologique des
régions de France(FNAB), SYNABIO, Biocoop, InterBio Bretagne, Syndicat
d'Agriculture biodynamique(SABD)
25 janvier 2006
La truffe : gare aux fraudes !
Les principaux problèmes de la trufficulture sont l'irrégularité et la diminution de la production d'année en année. Les chercheurs de l'INRA, qui ont mis au point la méthode pour " semer " les truffes, développent des truffières expérimentales pour mieux maîtriser la culture de ce noble champignon. Ils ont également collaboré à la mise au point d'un test permettant de distinguer sans ambiguïté les espèces de truffe.

La truffe vit en symbiose avec un arbre, ici un chêne. Photographie Benjamin Bruce.
Ce fichier est publié sous la licence "Creative Commons Attribution 2.5"
La truffe est la fructification d'un champignon vivant en symbiose avec un arbre (chêne, noisetier, mais aussi charme, tilleul, saule...). Les filaments sous-terrains du champignon s'insinuent entre les cellules des racines, formant une structure mixte appelée mycorhize. Le champignon est nécessaire à la nourriture minérale de l'arbre tandis que l'arbre fournit au champignon des sucres issus de la photosynthèse. La truffe est connue depuis l'antiquité. Au 18ème siècle, on l'obtient en semant des glands d'arbres truffiers. Mais ce n'est que dans les années 1970 que l'INRA met au point les techniques d'inoculation de l'arbre par le champignon. De jeunes arbres sont repiqués dans des conteneurs contenant de l'inoculum (spores de truffe) et remplis d'un substrat artificiel fertilisé compatible avec la mycorhization et le développement de l'arbre. Ce savoir-faire a fait l'objet de licences avec deux pépiniéristes, la société Agri-Truffe et les pépinières Robin. Les quelques quinze autres pépiniéristes fournissant des plants truffiers ont reproduit le procédé. Aujourd'hui, 80% de la production de truffe noire du Périgord provient de la trufficulture.
Capricieuse truffe...
Malgré les progrès techniques, un des principaux problèmes de la trufficulture est l'irrégularité de la production. Pour maîtriser cette production de truffe, il faut disposer de truffières expérimentales où l'on peut contrôler chaque partenaire : la souche de truffe mais aussi l'arbre producteur. Les chercheurs de l'INRA s'efforcent d'obtenir des plants truffiers homogènes en reproduisant les meilleurs producteurs par multiplication végétative. Les premières truffes issues de plants de noisetiers et de chênes obtenus par cette méthode commencent à apparaître sur les parcelles expérimentales. On pourra ainsi voir si ces plants sont plus performants que les plants issus de semis de glands " tout venant ".
... de plus en plus rare
Malgré la plantation annuelle en France de quelques 300 000 arbres truffiers, soit 1000 à 1200 hectares, la production de truffe a tendance à diminuer. Elle est passée de plus de 1000 tonnes à la fin du 19ème siècle à moins de 100 tonnes actuellement. La sécheresse et les fortes chaleurs des dernières années ont été particulièrement défavorables. Mais d'autres facteurs peuvent intervenir, comme la qualité des sols ou la compétition entre champignons mycorhiziens. Les espèces de truffe nobles mises en culture, telles la truffe noire dite du Périgord (Tuber melanosporum) ou la truffe de Bourgogne (T. uncinatum) peuvent être remplacées par des espèces à fort pouvoir colonisateur comme la brumale (T. brumale) ou éventuellement la truffe de Chine (T. indicum). Ces compétitions souterraines sont d'autant plus dommageables que ces dernières espèces ont un intérêt gastronomique moindre et que ce n'est qu'au bout de 4 à 5 ans de culture, quand les premières truffes apparaissent, que le trufficulteur constate les mélanges ou les substitutions d'espèces.
Or, on sait peu de choses des interactions entre ces champignons. De même, on ne connaît pas les gènes nécessaires à la reconnaissance entre les partenaires et à l'établissement de la symbiose. C'est pourquoi les chercheurs de l'INRA ont formé un consortium avec des universités italiennes et belges pour séquencer et étudier le génome de la truffe. Une souche de T. melanosporum issue de la collection de l'INRA de Clermont-Ferrand a été choisie pour le séquençage, qui débutera en 2006 au Génoscope - Centre National de Séquençage - d'Evry.
Au moment des fêtes, gare à la fraude !
La fraude la plus fréquente consiste à substituer la truffe de Chine ou la brumale à la truffe du Périgord. Extérieurement, toutes ces truffes se ressemblent beaucoup : " un tubercule charnu couvert d'une espèce de croûte dure, chagrinée et gercée à sa superficie ", d'après une description de 1711. La truffe est invisible à l'œil nu à sa naissance au printemps. Elle grossit en été et en automne, et mûrit en hiver. C'est au cours de cette maturation pendant laquelle la chair se remplit de spores (" graines " de la truffe), que la truffe développe ses arômes et acquiert sa pigmentation brun noirâtre caractéristique. Les truffes immatures vendues frauduleusement sont blanches ou grises et artificiellement colorées par divers procédés dont le brou de noix.
Pour identifier l'espèce de truffe, les services de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ont recours à l'observation au microscope. La morphologie des spores varie suivant l'espèce, mais parfois les spores de Tuber indicum ressemblent fortement à celles de T. melanosporum. De plus, cette méthode n'est pas applicable au jus de truffe, ni aux truffes immatures, qui ne contiennent pas de spores.
Pour pallier ce manque, l'INRA et le CNRS, soutenus par le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) et des fonds européens, ont développé un test moléculaire, en collaboration avec le laboratoire de la DGCCRF de Bordeaux. Il est basé sur l'analyse d'un fragment d'ADN ribosomal dont le séquençage permet de déterminer l'espèce de truffe sans ambiguïté. Ce test réalisable en 48h est utilisé en routine depuis quelques années sur tous les types de produits à base de truffe, crus ou cuits.